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image corporelle

L’IMAGE CORPORELLE, C’EST QUOI?

1024 1024 Delphine Remy

Beaucoup de lectrices m’ont demandé de rédiger quelques articles sur l’image corporelle, sujet qui nous touche tous. Voici le premier de la série, j’aborderai ensuite les sujets fascinants tels que l’image corporelle et le toucher, et l’image corporelle et la nutrition.

Nous avons tous une idée, une perception particulière de notre corps, de même que nous avons tous des sentiments a l’égard de celui-ci et de la manière dont il est perçu par les autres. Ce n’est pas spécialement une mauvaise chose mais il est très important de comprendre ce qu’est une image corporelle saine ou positive. Aujourd’hui, je voulais prendre le temps de définir ce que sont une image corporelle positive et une image corporelle négative. Et surtout, et surtout, m’étendre sur l’impact destructeur d’une mauvaise image corporelle.

L’image corporelle ne consiste pas à juste aimer ou à détester une partie de son corps, mais c’est la perception du corps dans son ensemble, son expérience profonde, l’impact de que les autres en pensent et notre connexion a lui. Il y a donc un lien étroit entre la manière avec laquelle nous nous voyons et la manière avec laquelle nous en prenons soin ou non.

Qu’est-ce qu’une image corporelle négative ?

Les personnes qui ont une mauvaise image de leur corps ont la plupart du temps une vision tronquée de celui-ci. Ils peuvent avoir une perception négative de parties spécifiques du corps ou du corps dans son ensemble, incluant poids et taille par exemple. Inutile de dire que la vision biaisée du corps entraîne tristement :

  • Un sentiment de honte, d’anxiété et de culpabilité ;
  • Une croyance que le corps n’est pas assez mince, beau et ferme ;
  • Une corrélation entre la perception du corps et l’estime de soi ;
  • Un malaise physique ou un sentiment de ne pas être à sa place

Une mauvaise image corporelle peut entrainer des comportements autodestructeurs, tels que des régimes poussés à l’extrême en affamant le corps, du sport à l’excès, une alimentation chamboulée ou pire encore des troubles alimentaires dans le seul but de se conformer avec l’illusion du « corps parfait.
Des cas extrêmes d’image corporelle négative peuvent conduire à ce que l’on appelle la dysmorphophobie. Cet état rend la personne obsédée par une image corporelle faussée et inutile de vous dire que tout est affecté dans leur vie, le travail, les relations humaines, l’étude chez les jeunes, tout !

Qu’est-ce qu’une image corporelle positive ou saine ?

Les personnes qui ont une image positive de leur corps en ont la plupart du temps une vision réaliste. Ils n’éprouvent pas de souffrance par rapport à celui-ci et se sentent bien dans leur peau. Et, le plus important, ils reconnaissent que leur corps n’a RIEN à voir avec leur estime personnelle. Ce regard positif entraîne :
La reconnaissance qu’il n’y pas qu’un seul et unique standard de beauté mais qu’elle existe sous plein de formes, poids et tailles ;

    • L’appréciation de ses propres formes, de son poids et de sa taille ;
    • La valorisation de « qui on est » plutôt que de « à quoi on ressemble » ;
    • La séparation entre l’apparence physique et l’estime de soi ;
    • Une absence d’inquiétude par rapport au poids et à l’alimentation.

Quels sont les challenges ?

L’image corporelle n’influence pas seulement nos croyances profondes, mais également celles de nos familles, de nos amis et de la société en général. Nous vivons dans une société où la beauté physique a une valeur énorme. Les médias nous ont au fil du temps complètement saboté la cervelle, entraînant une pondération de cette soi-disant valeur très largement au-delà de ce qu’elle mérite. Je sais que c’est hyper cliché à dire mais depuis notre plus tendre enfance, nous sommes « agressés » par des milliers d’images par jour, que ce soit dans les magazines, les films, la télévision et évidemment Internet. Ces médias nous enseignent sans que nous le sachions quels sont les critères de beauté. Ils ont un effet puissant… et également désastreux…

D’après le National Eating Disorder Association (l’association nationale des troubles alimentaires aux US) :

• 42% des petites de filles entre 6 et 9 ans aimeraient être plus minces
• 80% des filles de 10 ans ont peur de grossir
• A l’âge des secondaires, donc 12 ans, entre 40 et 70 pourcent des jeunes filles sont insatisfaites de deux ou plusieurs parties de leur corps.

Ce phénomène d’image corporelle ne se limite à nos enfants – c’est un souci qui s’inscrit dans la durée malheureusement.

Le challenge est que le corps parfait auquel nous sommes censés ressembler est une invention sociétale qui est biologiquement inatteignable pour 95 pourcent de la population. Et nous sommes constamment rappelés à l’ordre avec ces messages vicieux selon lesquels ces corps inatteignables sont la norme, désirables et complètement réalistes. Inquiétant…

L’image que la plupart des gens ont d’eux-mêmes ne correspond évidemment pas à l’image idéale collective. Et c’est précisément cette inadéquation qui crée entre autres ces sentiments d’image corporelle négative et tous les comportements qui en découlent, tels que le sport à outrance, les compulsions, les comportement excessifs, parfois même l’addiction a des substances toxiques et les troubles alimentaires. Je ne limite pas la responsabilité des troubles alimentaires et des addictions aux médias, c’est souvent bien plus complexe, mais nous reviendrons là-dessus dans plusieurs articles.

Vient s’installer alors un terrible cercle vicieux : la personne préoccupée par son image corporelle le devient de plus en plus et elle vit une solitude intérieure accrue.

Quelles sont les personnes affectées ?

Je pense pouvoir dire que tout le monde, homme et femme, a été affecté d’une manière ou d’une autre par son image corporelle à un moment de sa vie. Culturellement, l’idéal masculin est également irréaliste. Je pousse un peu à l’extrême, mais un homme est plus désirable s’il est mince et musclé. Pour certains, l’idéal est les 6-packs, mon Dieu… Mais pour les femmes, la pression est pire, et ce d’autant plus que c’est ancré dans l’inconscient. Je ne pèse pas mes mots, mais le physique idéal est une femme grande, mince, aux seins généreux, à la taille fine et au cheveux magnifiques. Je caricature évidemment, mais la réalité n’est pas loin. Également, cette vision biaisée renforce encore le sentiment de sa propre valeur en fonction d’un certain « coefficient d’attractivité ». C’est terrible…

Mais, qu’est-ce qui est important, bon sang ?

Pour certains, atteindre une image corporelle saine est parfois un cheminement long et pénible. Cette quête exige de questionner en profondeur la manière de se percevoir, âme et corps. Je sais très bien que pour ceux et celles qui se sentent particulièrement touchés par cet article, l’image corporelle négative est source de souffrance, elle pointe le doigt vers quelque chose de plus profond, de plus fondamental. En s’attachant à tendre vers un corps idéal, on s’éloigne souvent des vraies sources de la souffrance. Le travail peut prendre du temps et requiert beaucoup d’amour et de bienveillance.

Si vous vous sentez concernée et que vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas à me contacter.

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